Des Mécènes et des Arts : de la galerie des Offices…

La galerie des offices

Elle se situe à Florence
dans un palais et couvre 8000m2 soit 86111 pieds carrés.
Elle représente la plus belle collection au monde de peintures Italiennes et de grands maîtres Européens
– de Michel Ange à Bronzino
– de Dürer à Goya
Cette galerie a été construite à la demande des Médicis par Vasari.
Les Médicis sont une très grande famille Italienne et sont vraisemblablement originaires de Mugello situé à 30 km de Florence.
Ils ont probablement émigrés à la ville au moment de l’expansion économique que connaissait la république des fleurs ( Flora : Florence )
A l’origine du nom : Medici, médecin.
Leur richesse et leur pouvoir proviennent initialement des banques et du commerce de la laine.
Il faut savoir qu’à cette époque la guilde des lainiers à Florence est la plus puissante corporation des Arts et métiers :
– l’Arta della Lana
Giovanni di Bicci de Médicis va fonder leur première banque en 1397.
Cette banque deviendra l’une des plus grandes d’Europe.
Giovanni va diversifier ses activités en acquérant deux de ses fameux ateliers de laine
La croissance de ses affaires et notamment de sa banque lui permettra d’accéder de citoyen mineur à second citoyen le plus riche de la république de Florence
Le fondateur de l’ascendant politique sera Cosme l’Ancien :
Cosimo il Vecchio ( 1389-1464 )
Outre le fait qu’il assoit sa famille en politique, il va devenir l’homme le plus riche d’Europe.
Il va devenir le banquier des papes et des rois mais aussi un commerçant de produits de luxes et industriels dans le domaine de la laine et la soie .
Ses ressources financières lui font investir dans l’architecture, la sculpture, la peinture mais aussi dans les pierres précieuses et objets d’orfèvrerie.
Il s’intéresse aux manuscrits anciens
Il ouvrira la première bibliothèque d’Europe.
La bibliothèque Laurentienne.
Parlons maintenant de celui qui va instaurer le faste et la gloire :
Laurent le Magnifique ( 1469- 1492 )
Il va encourager les lettres, enrichir le trésor de la famille.
C’est lui qui va glorifier la famille.
Je vous parlerai maintenant de Cosme 1er ( 1537- 1574 )
Lui n’aura de cesse que de rechercher :
– l’indépendance du Duché
– une plus grande unité et intégration entre Florence et la ville sous domination de l’église.
– La gestion totale du Duché
– La gloire des Médicis

N’allez pas croire que cette famille est sans reproches, sans abominables personnages.
Relisez Lorenzaccio d’Alfred de Musset qui nous rappelle de tristes phases de l’histoire même si cela est romancé.
Ayons en mémoire le massacre de la St Barthélemy commandé par la funèbre Catherine de Médicis ( 1572 )
Mais oublions ceux ci pour nous attacher à ceux qui ont œuvré pour la beauté.
Revenons à Cosme 1er .
C’est lui qui va être à l’origine de la fameuse galerie des Uffizi
Construite à l’origine dans le but de réunir tous les fonctionnaires et par la même de mieux surveiller, contrôler leur agissement
Il deviendra grand Duc des Médicis et de Florence.
Il va donc choisir
Giorgo de Vasari pour construire cette fameuse galerie.
Il est peintre, architecte et écrivain ( 1511-1574 )
Il est originaire d’une famille modeste .
Il sera remarqué par le cardinal Silvio Passerini qui l’enverra poursuivre ses études à Florence.
Il rencontrera Michel Ange, étudiera les travaux de Raphaël et sera finalement employé par les maîtres de maison des Médicis.
Il va peindre mais sa production architectural sera plus importante.
Les Offices en témoignent ; ce bâtiment va du Palais Vecchio et débouche sur l’Arno.
Il ouvre une vue magnifique sur une longue cour qui fonctionne comme une cours publique :
Le fameux piazzale des offices, unique rue de la renaissance avec un seul traitement architectural
Vous trouverez dans la galerie une de ses œuvres peintes :
« Ritratto di Lorenzo il magnifico » une huile sur panneau de bois.
Il contribuera à de nombreux ouvrages.
Il travaillera à la création des jardins de Boboli dont je vous ai parlé.
A l’origine de la galerie des offices, le palais a pour but de servir de sièges aux uffizis administratives à savoir 13 magistratures pour lesquelles le palais Vecchio est devenu trop petit .
La galerie est commencée en 1560 et sera achevé par Bernardo Buontalenti en 1581 à qui l’on doit la somptueuse salle de la Tribune.

Le bâtiment est en forme de U.
Il présente 2 galeries connectées par un porche à colonnes doriques, passage en arcade.
A l’intérieur de ces bâtiments nous retrouvons une grande cour :
La piazza degli uffizi
Les façades qui entourent la cour sont décorées de niches des statues de grands personnages historiques à la magnificence de Florence.
Cette cour est initialement ce qu’on appelle un cortile : une grande rue pavée.
Lorsqu’on s’y promène, on peut y admirer 16 statues d’illustres personnages ayant contribués à la grandeur de Florence.
On verra :
Cosme, Laurent, Donatello ( un grand sculpteur 1386-1466), Léonard de Vinci ( 1452-1519), Dante, poète 1265-1321,
Pétrarque poète 1304-1527, Machiavel penseur 1469-1527, Galilée physicien 1564-1642, Cellini orfèvre et sculpteur 1500-1571.
Durant l’été la cour est bondée de touristes un peu comme au vieux port à Montréal.
Il y a des peintres, des musiciens, des artistes qui divertissent les visiteurs.
C’est de cette cour qu’on accède au musée.
Vasari en 1565 va relier le Palazzo Vecchio et le Palazzo Pitti par un bâtiment qui est nommé le corridor.
En effet Eléonore , femme de Cosme 1er a acquis une nouvelle résidence : le palais Pitti de l’autre côté de l’Arno.
Ce corridor permet aux Médicis d’aller et venir en toute sécurité entre les 3 palais.
Ils évitent ainsi tout attentat tant redouté à cette époque trouble.
Ce corridor est un passage aérien de plus d’1 km qui longe la galerie des offices enjambe l’Arno sur le Ponte Vecchio.
Celui ci a exigé de passer à travers des maisons à l’exception de celle de la famille Manelli qui refusa catégoriquement que l’on perce sa demeure.
Vasari ne se démontera pas, il fera un encorbellement.
Le couloir contournera la maison.
Quelques pas plus loin, il fera un surplombement au dessus de la nef de l’église Santa Félicita et créera une ouverture pour permettre aux Médicis d’assister incognito à la messe.
De ce corridor, ils pouvaient rejoindre les jardins de Boboli,
sur lesquels, ils débouchaient par un passage secret juste à côté de la rocaille de Buontalenti.
Bien sûr l’ensemble des murs est ornementé de magnifiques portraits à l’initiative de Léopold de Médicis, collectionneur passionné.
On y voit des œuvres de Rembrandt, de Vélasquez et de Delacroix.
Il y a environ 400 tableaux.
Les plafonds sont richement décorés par
Guido Reni et Artemisia Gentileschi
C’est enfin François ou Francesca de Médicis à qui l’on doit la conversion des offices en Musée.
Il fait d’abord fermer le second étage en 1581 pour y réunir une partie de la collection des grands Ducs.
-sculptures, médailles, bijoux, armes, tableaux et instruments scientifiques.
La galerie fut tout de suite accessible au public.
Toute personne en faisant la demande pouvait la visiter.
Francesco s’intéressait beaucoup à la science, à l’alchimie et à l’art.
Il décida en plus de cette galerie du second étage de monopoliser l’aile occidentale en laboratoire où artisans travaillaient des pierres, des parfums.
Les salles d’exposition sont maintenant au nombre de 45.
Elles abritent
– 1700 tableaux
– 300 sculptures
– 46 tapisseries
– 14 pièces : meubles et céramiques
Le musée compte environ
– 4800 œuvres ; une partie est en dépôt et le reste prétée à d’autres musées.

Pénétrons dans cette galerie des offices.
Que voyons nous ?
Des murs de grotesques réalisés par
Antonio Tempesta
Alexandro Allori
Artemisia Lomi Gentileschi ( artiste femme accomplie, reconnue )
Ces grotesques, nous les avons déjà évoqués lors de notre visite à la villa d’Este.
C’est un monde peuplé de personnages imaginaires, mi humains , mi animaux, personnages hybrides pouvant être tour à tour séduisants ou monstrueux.
Tout y est relié au sein de plantes, d’architectures, de petits paysages, de faux tableaux classiques, de scènes de guerre et d’amour.
A ces chefs d’œuvres accrochés répond une grande parodie, une grande fantaisie.
Il y a 150 mètres de grotesques réparties en 44 baies
Si les grotesques vous plaisent il y a l’excellent ouvrage de Alexandra Zemperini et celui de André Chastel

Nous ne pourrons pas détailler les 4800 œuvres du musée, mais je vous ai fait un parcours qui vous permettra d’avoir un bon aperçu des œuvres majeures, et, de voir la prochaine fois d’autres œuvres.

Accédons à la salle numéro 2

C’est la salle de 23 précurseurs de la peinture occidentale qui surent prendre une certaine distance de l’art officiel, un peu figé et donner ainsi les prémices de la Renaissance.

Nous verrons
Cimabué ( 1240- 1302 )
Duccio ( 1255- 1319 )
Giotto ( 1267-1337 )

Cimabué commence à introduire un certain réalisme des expressions. Il fut à la recherche d’une peinture plus personnelle. Il a eu Giotto comme élève.
Duccio est un peintre Siennois qui va se démarquer d’une influence byzantine en introduisant des éléments profanes, ici une tenture.
Chez Giotto, nous remarquons une évolution qui passe d’un symbolisme byzantin à un naturalisme expressif.
Il va soigner les drapés, place ses sujets dans un environnement et met en relation les personnages de ces tableaux .

Entrons dans la salle numéro 3

On va admirer le traitement de la couleur de l’école siennoise.
Elle s’ouvre très tôt vers le gothique.
Vous pourrez admirer Simone Martini dont nous reparlerons dans notre conférence sur l’art du Palais des Papes.

Rendons nous à la salle 7

qui va nous rendre compte de l’évolution de la perspective ( après l’évolution de l’icône au portrait expressif, au jeu des couleurs, place à l’espace )
C’est Paolo Ucello ( 1397-1475 ) que nous découvrons : le maestro de la perspective.

Remarquez qu’il évoque des sujets laïques comme le montre la bataille de San Remo

Voyons aussi le mysticisme s’introduire dans l’œuvre picturale grâce à Fra Angelico ( 1400-1435 ) à travers l’utilisation forte de la lumière et l’usage de couleurs non académiques

Voyez également les célèbres époux d’Orbino réunis à jamais par Piero Della Francesca ( 1412 – 1492 )
Je vous recommande d’aller voir ses fresques à Arezzo.

Salle 8

Découvrons le maître de la grâce, de la délicatesse , de l’expressivité avec Fra Filippo Lippi
On voit qu’il a été le maître de Boticelli.

Allons de ce pas dans les salles 10 à 14 découvrir notre ami Sandro ( 1444 – 1510 )
Il incarne parfaitement la Renaissance dont il partage l’élégance , le raffinement et le goût pour l’antique.
Le printemps, 1482
La naissance de Vénus, 1485, notez qu’il s’agit d’un premier nu payen.
C’est un tableau immense peint à l’huile à l’inverse du printemps peint sur bois comme beaucoup d’autres tableaux.
L’œuvre est organisée en trois groupes de personnages.
Venus sort de l’eau sur une coquille conduite par Eole dieu du vent au milieu d’une pluie de pétales de roses
Le coquillage signifie la fécondité et en raison de sa forme ressemblant au sexe féminin le plaisir des sens de la sexualité.
Néanmoins lorsqu’il est représenté en voûte, de l’autre côté, il symbolise la virginité.
Lorsque la Vénus approche du rivage , une nymphe l’accueille avec un vêtement pourpre, il s’agirait du printemps, de la renaissance, voyez cette robe parsemée de bleuets…
Le manteau ou étole n’a seulement une fonction esthétique mais aussi une fonction rituelle.
Il figure souvent sur les vases grecs et marque la frontière entre 2 domaines : le nouveau né comme le mort est toujours enveloppé de linge
La naissance de vénus est ainsi le symbole de la transmission de la beauté de l’ordre divin au monde des mortels.

Il est évident que Botticelli a lu le poète grec Anacréon qui nous raconte que la déesse de l’amour lorsqu’elle posa la première fois le pied sur le rivage un buisson de roses aurait jailli du sol
La vénus est si belle que nous oublions la longueur artificielle de son cou, la chute excessive de ses épaules et l’étrange façon dont son bras gauche se tient.
Botticelli nous confirme ici l’idée que la féminité et la délicatesse sont un don du ciel.
Botticelli a souvent peint Simonetta Vespucci ; elle sert de modèle à la Vénus, et ,mourra prématurément de la tuberculose Elle restera à jamais la belle Simonetta , la sans pareille, la belle des belles de Florence.
Botticelli fit la requête d’être enterré à ses pieds en l’église Ognissanti à l’église paroissiale des Vespucci, il a été exaucé 34 ans plus tard.
La production de Botticelli deviendra plus austère à la fin de sa vie du fait de la dictature du moine Savonarole ( 1452-1498 )
Celui ci du fait de son inquisition finit sur le bûcher.

Dans la salle 15, Léonard de Vinci nous donne rendez vous .
C’est l’archétype de la Renaissance, il est à la fois peintre, sculpteur , architecte, inventeur.
Il associa ses études d’anatomie et de médecine à l’exécution de ses peintures.
C’est lui qui créa le fameux sfumato, espace vaporeux, mise en perspective du sujet.

Dans la salle 25, nous retournerons à d’autres grands maîtres de la renaissance Italienne.
Rencontrons Michel Ange ( 1475-1564 ), il est peintre, sculpteur et architecte.
Il sera comme Léonard, il étudiera le corps humain.
Pour lui, la copie n’est pas intéressante.
Il s’agit de s’approprier un sujet et de créer une émotion.

Nous irons ensuite dans la Tribune , pièce octogonale, tapissée de murs rouges.
Elle est à l’origine de Buontalenti pour les pièces majeures de la famille Médicis.
Les marbres au sol sont remarquables.

Salle 26

Découvrons Raphaël ( 1462 – 1520 )
C’est la perfection du classicisme Florentin.
Tout est beauté, harmonie.
Le dessin et la couleur s’équilibrent.
Dans les 6 salles qui se succèdent, on pénètre dans un univers baroque.

Je souhaite vous montrer et parler d’une œuvre remarquable, celle d’un maître vénitien : le Titien (1490-1576 )
Voici la Vénus d’Urbino, un premier nu qui est précurseur de bon nombre de tableaux de Goya à Cézanne et de Picasso.

Le sujet nous regarde, le corps alangui, majestueux.
Les membres sont agrandis.
La tenture derrière est là pour nous faire ressortir la peau de nacre du sujet.
Le petit chien symbolise la fidélité, le sujet nous évoque bien des pensées, libre à nous d’interpréter ce que nous voulons.
Il s’agit néanmoins d’un sujet libre et beau.

Pour la petite histoire on dit qu’il s’agit d’un tableau reflétant l’histoire d’un mariage ( au second plan : les servantes et le coffre de la mariée ), néanmoins les historiens s’accordent à dire qu’il s’agir d’une œuvre autonome à la gloire de la femme, libre et vénitienne ou vénusienne.

Nous ne pouvons pas ne pas visiter Caravage ( 1571- 1610)
Il marque une grande rupture dans l’évolution de la peinture, dans sa manière d’appréhender les sujets.
Il a un réalisme froid, utilise au grand damne de la société de l’époque des modèles issus de la rue ; il utilise une lumière crue, et, maîtrise les clairs obscurs.
Voyez ce Dionysos baroque.
Remarquez le fond, le détail des fruits, la carnation de la peau.

Après un petit peu de baroque, abordons le 18ème , un 18ème tourmenté par Goya.
Un peintre qui nous offre beaucoup d’œuvres mondaines, des scènes oniriques, et, de nombreux portraits.
Certains sujets sont grinçants, passionnés comme le sont beaucoup d’espagnols, de sang chaud….

J’aimerais maintenant vous faire connaître un peintre, un maniériste Italien adoré par les Médicis.

BRONZINO ( 1503-1572 )

Je vous rappelle le maniérisme.
C’est une période transitoire entre la Renaissance et le Baroque

On dénote une perte de clarté et de cohérence dans l’image maniériste
– une multiplication des plans et des éléments
– une symbolique complexe qui se référe à des domaines méconnus aujourd’hui ( alchimie, art du blason, langage des fleurs )
– le goût prononcé pour un érotisme esthétisant
– la déformation et torsion des corps
– la recherche du mouvement
– la modification des proportions et des parties du corps
– le contraste des tons acides et crus
– l’allongement des formes
– la ligne serpentine

Voyons quelques œuvres de ce peintre

– L’ Annonciation
– La Sainte famille avec St Jean Baptiste
– La déposition du Christ
– Pieta
– Le Portrait D’Eleonore de Tolède et de Jean
– De Lucrézia Pantatichi
– De Francesca de Médicis
– De Marie de Médicis



et enfin de Pygmalion et Galatée
et de l’allégorie de la félicité

Expliquons l’œuvre de l’allégorie de Vénus et Cupidon
C’est un tableau qui mesure 146 cm et 117cm

Agnolo travaille chez un souverain hors du commun, Cosme celui qui est devenu le Grand Duc de Florence.
Nous sommes dans le début du maniérisme donc plus sensible à l’artifice qu’au naturel

Le style a une importance démesurée car il masque les dures réalités du pouvoir dans lesquelles il n’y a aucune spontanéité.
Le protocole est de mise.
Cette œuvre est destiné à être offerte au roi de France.
Elle est conçue comme une énigme .
Elle comporte des symboles, des emblèmes provenant de la mythologie et de l’héraldique
L’œuvre est conçue idéalement pour François 1er
On sait qu’il a un appétit féroce de culture, qu’il adore la beauté et qu’il a un faible pour tout ce qui est Italien
De plus il aime le mystère, qu’un tableau soit énigmatique et porteur de symboles, en un mot qu’il se déchiffre.
Plus cela est complexe, plus nous devrons regarder chaque élément du tableau.
Voyons d’abord notre Vénus, déesse de l’amour :
Celle à qui on donne la pomme, celle qui s’accompagne d’une colombe.
Elle a retiré sa flèche à Cupidon
On voit le détail de leur baiser coquin et langoureux.
C’est une scène peu vertueuse.
A leurs pieds : des masques qui symbolisent la sensualité de la nymphe et du satyre.
Ils ont un regard vide et sont dirigés vers les amants.
L’enfant à côté rit et marche sur une épine.
Celle ci ne lui fait pas mal.
Il a un anneau et des clochettes à la cheville, il jette des pétales.
Il incarne le plaisir.
Derrière lui, la figure au visage franc mais au corps monstrueux présente d’une main un rayon de miel et, cache de l’autre le dard de sa queue qui incarne la tromperie.
De l’autre côté des amants, se cache une figure sombre, identifié comme la jalousie au départ et récemment plutôt comme la maladie de la syphilis, maladie du vieux continent au XVIème siècle.
Le sujet du tableau fait jour :
Il s’agit de l’amour non chaste.
Dans le coin supérieur un voile, oubli qui tente de nous rappeler les effets à retardement de la maladie.
Aussi froid que le marbre ou l’émail, les nus se détachent d’un bleu outremer.
L’ensemble rappelle les teintes et motifs crées par Bronzino pour une des manufactures du Duc .
Mais cette analogie avec le luxe , avec l’amour a rendu la cour d4italie tristement célèbre.
L’image nous attire telle ces fabuleuses bagues à poison des Borgia qui nous donnent une mort inéluctable..

L’image voile et dévoile son amère morale.

Sur une autre œuvre nous découvrirons la notion d’ironie.
Cette notion a une place importante dans les œuvres de notre société.
Elle recouvre ici d’autres valeurs.
Voyons ici la Dame au petit chien.

Notons sa noblesse.
Elle est parée de riches vêtements et de belles parures. ( colliers, bagues ….)
Elle appartient sans nul doute à une famille noble et riche.
Le visage est idéalisé, il est en proportion parfait.
Cette figuration correspond à une codification du paraître qui se mets en place à la Renaissance.
Castiglione, noble de l’époque, a écrit « le livre du courtisan » paru en 1528 et témoigne de cette représentation.
Le peintre accole un grotesque sur le bras du fauteuil.
Le grotesque énonce le goût du burlesque, de la farce, très largement appréciés par la cour des Médicis ( rappelez vous notre promenade dans les jardins d’Este ).
Ce grotesque est mi animal , mi humain.
Sa bouche et son nez correspondent au chien ses oreilles humaines.
Le grotesque peut symboliser les pulsions débridées animales.
Le portrait de notre dame lui symbolise la vertu, le raffinement de la socialisation des pulsions.
Entre eux notre petit chien domestiqué, un palier entre la sauvagerie et l’inexpressibilité raffinée.
Ils sont placés d’une certaine manière et posent la notion de représentation.
Le beau visage est légèrement tourné vers la gauche, le grotesque vers la droite, notre toutou lui est en bais.
Lorqu’on regarde plus attentivement notre belle, on voit ses oreilles pointues.
Si on ne fait que regarder ce détail on a presque l’impression de voir des oreilles animales.
C’est là qu’on en vient à parler de l’ironie.
D’abord un portrait, selon le protocole doit consolider le pouvoir absolu du souverain ( en l’occurrence des Médicis )
Les courtisans renvoient une image
– de leur grâce, de leur vertu, de leur beauté
– sur l’adhésion à la littérature, et à l’humour
Pour finir se montrent modeste en riant d’eux.
L’ironie n’est pas subversive, elle induit la modestie, le respect à l’autorité.
C’est en fait une remise au goût de l’époque de l’ironie socratique.
L’ironie est ici un code de représentation , elle n’est ni satire, ni caricature.

Voici donc un petit tour à la galerie des Offices.

Anna Maria Luisa de Médicis, âgée de 76 ans en 1743, fit don de tout cela pour nous enchanter.

Les Médicis ont été de grands Mécènes.

Nous pouvons nous interroger sur le Mécénat aujourd’hui .

En Amérique du nord , l’équivalent est peut être la villa Getty qui est la reconstitution de la villa des Papyri de Herculanum située à Pacific Palisades, un quartier de Los Angeles.
La villa possède 44000 pièces d’antiquités, entreposées dans 23 galeries.
Il y a également la fondation Salomon R.Gugenheim, qui a construit un grand nombre de musées
– à New York
– à Bilbao en Espagne
– à Venise
– à Berlin
– à Las Vegas
et bientôt à Helsinki.

Le mécénat est une action qui permet de promouvoir l’art et les lettres par des commandes ou aides privées, soit par le biais d’une personne ou d’une entreprise.
Le premier mécène fût
Caïus Clinus Maecena d’où le terme.
A travers le temps, on peut citer :
– Mahaut d’Artois, Isabeau de Bavière, bien sûr nos Médicis, Pierre Bergé et Yves St Laurent, Antoine de Galbert et sa maison Rouge à Paris…
Le mécénat d’entreprise reste peu important.

Ici au Québec il y a une politique gouvernementale qui œuvre pour son développement.
Mais le mécénat reste souvent d’ordre privé.
Ainsi Phyllis Lambert, architecte et philanthrope.
Elle a 86 ans ; elle a crée le centre canadien de l’architecture, et Héritage à Montréal
Elle a contribué à revaloriser le canal Lachine.
Vous pouvez voir un magnifique film :
« Citizen Lambert : Jeanne d’Architecture «

Il y a Phoebe Greeberg qui a fondé le DHC/Art en 2007 au 451 rue St Jean à Montréal et puis le centre PHI au 407 de la rue st Jean qui est dédié aux artistes

Georges et Shérif Laoun .

Vous découvrirez tout ce que font cette famille.
N’oublions pas la place importante de Jennifer Laoun.

www.georgeslaoun.com

Parlons également de la magnifique donation de Renata et Michal Hornstein aux musée des Beaux Arts de Montréal d’une valeur de 75 millons de dollars

De plus au Québec, des centres culturels émergent comme des pépinières par le travail acharné de discrètes personnes.
Il y foisonne arts visuels , musique, danse….

Le mieux :

Aller visiter :

Café Graffiti

www.cafegraffiti.net

Et puis ici

ICI par les arts

www.iciparlesarts.com

Merci à tous de nous avoir si bien accueilli.

Bonnes fêtes de fin d’année,

Vous pouvez visiter régulièrement visiter ces espaces et devenir à votre tour collectionneuses et collectionneurs en un mot mécènes

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